Les risques des implants dentaires : quels sont-ils et comment les éviter ?

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implant dentaire
Gardez le sourire : l’implantologie est une technique moderne très sûre pour remplacer vos dents naturelles de la façon la plus efficace qui soit !

Vous devez remplacer l’une de vos dents et votre dentiste vous a proposé de vous poser un implant dentaire : cette nouvelle dent sur implant sera solide et pérenne, parce que sa « fausse racine » en titane sera parfaitement intégrée dans la mâchoire. Mais voilà… Vous vous posez beaucoup de questions sur les risques liés aux implants dentaires et craignez cette intervention…

Pas de panique ! Les dangers liés à l’implantologie sont rares et parfaitement maîtrisables par un bon dentiste et les bons conseils qu’il va vous donner pour les suites opératoires.

Aujourd’hui, l’équipe de Dentaly.org vous explique tout des risques liés aux implants dentaires, et comment les éviter au mieux.

Implants dentaires : un risque limité

La technique implantaire

Implant dentaire
Schéma d’un implant dentaire: la vis de l’implant est ce qui va s’intégrer biologiquement à l’os de votre mâchoire.

Quand la racine naturelle d’une dent ne peut plus être sauvée, votre dentiste peut vous proposer un implant. Constitué en titane, l’implant est une racine dentaire artificielle qui va fusionner avec l’os de la mâchoire. Cette « ostéointégration » est possible grâce aux propriétés du titane et à la forme (en vis) de l’implant.

Les bénéfices sont multiples : en tant que nouvelle racine très solide, l’implant va aider à stabiliser la mâchoire dans sa forme et sa densité osseuse. Mais aussi, grâce à la prothèse qui va être posée sur l’implant, une nouvelle dent « définitive » et très naturelle va venir s’intégrer aux autres dents qui l’entourent.

Les risques des implants dentaires

Outre l’investissement financier initial important (mais définitif, contrairement aux dentiers par exemple), qui peut se présenter comme un désavantage, la technique implantaire est effectivement invasive et peut présenter des risques. Mais les études sont vraiment rassurantes sur ce sujet : les taux de réussite varient entre 90% et 95% et les cas représentés dans les pourcentages restants sont majoritairement liés à une mauvaise évaluation de la densité osseuse pré-implantaire, ainsi qu’au non-respect par le patient des règles d’hygiène post-opératoire et du traitement pré-implantaire. La chirurgie implantaire est vraiment considérée comme une des techniques dentaires les plus sûres et les plus contrôlables.

Les douleurs et inflammations locales sont attendues et normales, nous en parlerons plus bas, dans les suites opératoires.

Les risques liés à l’ostéointégration de l’implant

Plusieurs facteurs peuvent influencer la cicatrisation osseuse dans le mauvais sens. La qualité osseuse doit être évaluée pendant les examens préparatoires, et votre dentiste a peu de chances de s’être trompé en vous proposant un implant. Mais d’autres conditions sont à prendre en compte.

La charge bactérienne

bain de bouche
Dans les suites post-opératoires implantaires, il vous faudra bien respecter les règles d’hygiène prescrites par le dentiste, notamment les bains de bouche anti-bactériens.

L’os de la mâchoire est naturellement exempt de bactéries, mais l’opération va en introduire en ouvrant la gencive, même dans une salle d’opération stérile. Les bactéries présentes dans le milieu buccal vont se retrouver au contact de l’implant et de l’os, et la lutte contre ces nouvelles bactéries va fragiliser l’état osseux et l’ostéointégration.

Pour réduire la charge bactérienne, et ainsi protéger la cicatrisation osseuse, votre dentiste peut vous proposer un traitement antibiotique à commencer avant l’opération et à continuer pendant la cicatrisation. Il va aussi vous recommander une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, notamment avec des bains de bouche anti-bactériens.

L’état inflammatoire

Toujours dans la même optique de protéger l’os et son milieu immédiat de toutes agressions, pour le laisser « travailler en paix » en quelque sorte, il vous sera recommandé de le protéger de pratiques inflammatoires. Vous devrez faire attention aux aliments agressifs pour la gencive (dans leur forme ou dans leur composition) et qui demandent aussi trop d’effort à la mastication. Attention aussi à ne pas agresser le site opéré avec le brossage : une brosse à dent post-chirurgicale, disponible en pharmacie, vous sera conseillée.

Enfin, pour soulager le site opéré de l’inflammation produite par l’acte lui-même, le dentiste peut vous proposer un traitement anti-inflammatoire à commencer le jour même et à poursuivre sur quelques jours.

Les « accidents » d’implants

Les accidents chirurgicaux sont très rares mais peuvent effectivement arriver. Rien de trop grave heureusement pour le patient, mais ils compliquent l’intégration de l’implant.

Quand l’implant casse

La vis en titane de l’implant ne peut pas se casser, mais le pilier peut se désolidariser. Le pilier est cette sorte d’écrou ou de bouchon, qui vient se poser au-dessus de l’implant, à l’endroit qui accueillera ensuite la prothèse, dans un deuxième temps. Que le pilier casse ou soit mobile est très rare (2% des cas), mais cela peut fragiliser le processus implantaire, parce qu’il faudra re-travailler sur le site pour remplacer le pilier et la vis qui relie le pilier à l’implant. Du fait d’une mauvaise position de la vis du pilier ou de sa désolidarisation totale avec l’implant, des fluides peuvent s’introduire autour de l’implant avec le risque d’infection et d’inflammation.

De tels dommages au pilier peuvent survenir en cas de mauvais positionnement initial, ou bien de trop fortes charges occlusives sur le site pendant la cicatrisation, lors de la mastication notamment. Cela peut arriver aussi au moment où la prothèse (la nouvelle dent en céramique) sera posée sur l’implant : un serrage trop fort peut fracturer la vis, mais les spécialistes sont maintenant très habitués à faire attention.

Dommages nerveux

Radio dentaire
Le dentiste procédera à différents types d’examens radiologiques afin de pouvoir étudier les spécificités osseuses mais aussi nerveuses du site à opérer.

Rares, les lésions nerveuses lors de la chirurgie implantaire sont sans grande gravité. Les nerfs peuvent être touchés par l’aiguille d’anesthésie locale, par un instrument chirurgical ou bien peuvent être comprimés par la mise en place de l’implant. Les symptômes peuvent aller d’une absence totale de sensibilité à une sensibilité accrue et déplaisante. Le retour à la normale dépend du type de blessure. En cas de lésion totale du nerf, la réparation sera compromise mais une éraflure ou une compression de la gaine nerveuse seront temporaires. Le nerf comprimé notamment, par l’implant, pourra être libéré par un repositionnement de la vis si besoin.

Ces accidents sont évités dans la grande majorité des cas par l’étude minutieuse des radiographies (notamment le cone beam), pendant la phase préparatoire, pour visualiser l’emplacement exact des gaines nerveuses.

Quand on « fore » trop loin

La perforation du plancher des fosses nasales est rare et entraîne peu de complications, si l’implant est ensuite bien stable dans l’os, ce qui est généralement le cas. Il n’y aura pas à re-positionner l’implant ni à le retirer entièrement. Mais un œdème et une douleur post-opératoire sont à prévoir, et certains conseils seront donnés au patient pour aider à la cicatrisation dans ces conditions spéciales.

Dans les autres emplacements buccaux, il y a assez de hauteur d’os pour éviter de forer trop loin, et des butées sont prévues sur les instruments pour prévoir l’exacte profondeur à laquelle un foret peut aller. Un examen précis des radiographies permettra au dentiste de choisir le bon type d’implant et d’instrument pour éviter par exemple de perforer le plancher sinusal. Si jamais une perforation arrive tout de même, il faut alors apposer un pansement au collagène et attendre la cicatrisation des tissus osseux avant de retenter une pose d’implant.

L’examen précis de la qualité osseuse de la mâchoire, ainsi que les éventuelles greffes osseuses, sont ce qui va prévenir au mieux des dangers de perforation.

Les risques liés aux suites opératoires après la pose d’un implant

Les risques post-opératoires sont sans grande gravité pour la santé du patient, mais sont à surveiller. Des douleurs sont à prévoir, mais les autres complications, citées ci-dessous, sont rares.

Les œdèmes

Des glaçons contre la douleur dentaire
N’hésitez pas à prévoir une poche de glace à amener au cabinet dentaire afin de l’apposer directement en descendant du fauteuil pour gérer au mieux la douleur et les éventuels œdèmes et hématomes.

En réponse à l’agression de l’intervention sur les tissus, les joues et/ou le nez peuvent gonfler. Le dommage est surtout esthétique et inconfortable. Une poche de glace peut être prévue et amenée au cabinet pour être appliquée directement après l’intervention. La prescription d’un anti-inflammatoire sur trois jours peut également être conseillée en prévention.

Hématomes et ecchymoses

A la place ou en même temps que l’œdème, vous pouvez aussi vous retrouver avec des bleus sur le visage en réaction aux gestes de l’intervention. Ils vont disparaître en une ou deux semaines et sont sans gravité.

Hémorragies

Des saignements peuvent subvenir dans les heures qui suivent l’intervention. Le dentiste vous conseillera des gestes à avoir en cas de saignements, comme mordre la zone hémorragique avec une compresse stérile. S’ils persistent, il vaut mieux aller consulter votre dentiste.

Réouverture de la plaie

Pour éviter toute infection, en cas d’ouverture de la cicatrice sur la gencive, il faudra retourner voir votre dentiste au plus vite. Ces cas sont très rares.

Exposition du pilier de l’implant

Ces cas sont également rares, et généralement dus à une muqueuse trop fine et/ou à une pression trop forte exercée sur le site opéré. Pour éviter toute infection et toute aggravation, il faudra adopter une hygiène rigoureuse (brosse à dents souple, bains de bouche anti-bactériens) et privilégier une alimentation liquide ou molle pour éviter trop de pression sur l’implant. Il vous faudra retourner consulter votre dentiste pour avoir son avis et voir si il est nécessaire d’agir sur le site cicatriciel.

Infection

Normalement, le risque infectieux sera prévenu par le traitement antibiotique et les règles d’hygiène pré et post opératoire. En cas de forte complication infectieuse, le dentiste pourra être amené à ré-opérer l’implant, soit pour le cureter sous couverture antibiotique, soir pour l’enlever afin de désencapsuler les bactéries présentes sur le site implanté.

Complications osseuses

Si l’os ne parvient pas à cicatriser sur l’implant, cela va être une cause d’échec et l’implant sera retiré. Cela peut être le cas si le dentiste a mal évalué l’état osseux, si le patient est fumeur ou a une maladie chronique pouvant affecter l’ostéointégration (comme l’ostéoporose ou le diabète), ou en cas de complications infectieuses. Ce sont des facteurs de risque à intégrer dans la décision d’implanter ou non, et de fait les complications osseuses sont très rares.

Conclusion

Les cas d’échec d’implantation dentaire sont très rares (seulement 5 à 10% des cas) et sont sans conséquences graves sur la santé du patient. Cette technique reste très sûre et très contrôlable par les dentistes. Pour éviter les risques et les échecs, on voit, au regard des cas exposés dans cet article, que trois facteurs comptent :

  1. Il faut bien préparer en amont la décision de poser un implant, et bien préparer la chirurgie en elle-même : vous devrez bien soumettre tous les éléments de votre dossier médical (traitements, maladies chroniques, habitudes de vie telles que la cigarette ou l’alcool), et le dentiste devra bien étudier les radiographies et l’état bucco-dentaire;
  2. L’expérience et le savoir-faire du dentiste sont très importants : alors n’hésitez pas à bien vous renseigner sur le cabinet dentaire que vous choisirez et à privilégier la sécurité;
  3. Ensuite, la guérison sera à « chouchouter » sur toute la phase d’ostéointégration : il vous faudra bien prendre les traitements antibiotique et anti-inflammatoire de prévention, choisir la bonne alimentation (molle, anti-inflammatoire de préférence), vous abstenir de pratiques inflammatoires et agressives (cigarette, alcool), et avoir une hygiène bucco-dentaire irréprochable.

Beaucoup de bonnes décisions à prendre, certes, mais que ne ferait-on pas pour avoir de belles dents « définitives », d’aspect et de confort parfaitement naturels ? L’implant dentaire est une opération sérieuse, qu’il faut planifier et encadrer avec soin, mais qui vaut le coup !

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Les risques des implants dentaires : quels sont-ils et comment les éviter ?

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Auteur(s) de l'article

Armelle Cassanas
Armelle Cassanas
Armelle est spécialisée dans la linguistique médicale, via l'analyse des concepts attachés aux maladies et aux médicaments. Pour Dentaly, elle condense ses recherches autour de l'expérience des patients et des soignants, ainsi que son étude des recommandations santé et bien-être.
Sources
Université de Lorraine. Johanna Gratet. Gestion des complications en implantologie [en ligne]. <http://docnum.univ-lorraine.fr/public/BUPHA_TD_2015_GRATET_JOHANNA.pdf> Consulté le 30 septembre 2019

Journal of IMAB. Factors affecting the abutment screw loosening [En ligne]. <https://www.journal-imab-bg.org/issues-2017/issue1/JofIMAB-2017-23-1p1505-1509.pdf> Consulté le 30 septembre 2019

Medical life sciences. Dental implant risks [En ligne] <https://www.news-medical.net/health/Dental-Implant-Risks.aspx> Consulté le 30 septembre 2019

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